Actu sociale

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04/12/2025

Aides à l'embauche d'apprenti : une suspension de l'aide à prévoir !

Le versement des aides accordées aux employeurs lors de l'embauche d'un apprenti est désormais proratisé, dans certains cas. Voilà qui impose à l'administration d'ajuster ses contrôles d'éligibilité, avec à la clé une possible suspension temporaire des paiements. Quels sont les contrats concernés ?

Aides à l'embauche d'apprentis proratisées : un ajustement de calendrier dans les versements !

Pour mémoire, rappelons que, depuis le 1er novembre 2025, le montant de l'aide accordée aux employeurs pour le recrutement d'un apprenti peut être proratisé.

Ainsi, lorsque le contrat d'apprentissage a une durée inférieure à un an, quelle qu'en soit la raison, le montant de l'aide est proratisé en fonction du nombre de jours réellement effectués par l'apprenti.

À la suite de cette évolution, l'administration vient d'actualiser sa fiche explicative dédiée à ces aides.

On y apprend notamment que le calendrier de versement a été ajusté afin de laisser à l'administration le temps de vérifier l'éligibilité de chaque contrat d'apprentissage au versement de l'aide, proratisée dans certains cas.

L'étude de l'éligibilité débutera à la mi-février 2026, sur la base des textes en vigueur au moment de la signature du contrat, et la proratisation s'appliquera dès lors que le premier ou le dernier mois du contrat ne sont pas complets.

Par conséquent, les contrats conclus à partir du 1er novembre 2025 feront l'objet d'une mise en attente des versements des aides à l'apprentissage entre novembre 2025 et février 2026, pour être versées à partir du mois de mars 2026. 

Du côté des contrats conclus avant le 1er novembre 2025 et toujours en cours à la mi-février 2026, les versements continueront d'être effectués normalement et sans proratisation jusqu'à la mi-février 2026. 

Attention : si ce contrat, conclu antérieurement au 1ernovembre 2025, prend fin ou est rompu avant la mi-février 2026, la proratisation sera appliquée sur le dernier mois incomplet, et l'ASP adressera une demande de remboursement aux employeurs concernés après la mi-février 2026. 

En revanche, si la fin ou la rupture du contrat intervient après la mi-février 2026, la proratisation sera appliquée automatiquement sans conséquence sur les délais de versement.

Enfin, pour les contrats déjà arrivés à leur terme avant le 1er novembre 2025, l'aide ayant été versée en totalité, aucune proratisation ne sera appliquée.

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03/12/2025

Insulter son employeur : faute grave automatique ?

Dans une récente affaire, le juge a eu l'occasion de rappeler que les insultes de l'employeur par un salarié ne doivent pas mécaniquement conduire à son licenciement pour faute grave. Voilà qui mérite quelques explications…

Propos insultants du salarié : pas toujours une faute grave…

Pour rappel, un CDD ne peut être rompu avant son terme que dans des cas strictement limités, parmi lesquels on retrouve la faute grave commise par le salarié, qui rend impossible son maintien dans l'entreprise.

Dans une récente affaire, un salarié embauché en CDD en qualité de préparateur physique d'une équipe professionnelle apprend qu'il va être réaffecté au centre de formation : une décision qu'il vit comme une rétrogradation.

Dans ce contexte tendu, il adresse à son directeur général des messages où il utilise un terme insultant et évoque la « loi du talion », interprétée comme une menace. Ce qui justifie la rupture anticipée du CDD pour son employeur, qui considère que ces propos injurieux et menaçants empêchent la poursuite de la relation de travail…

Ce que réfute le salarié : il rappelle que ces propos ont été adoptés dans un contexte de colère et n'ont pas été rendus publics puisqu'ils n'ont eu lieu qu'entre le salarié et son directeur. S'ils sont fautifs, ces propos ne doivent tout de même pas conduire à la rupture anticipée du CDD…

« Tout à fait ! », tranche le juge en faveur du salarié, rappelant qu'en matière de propos insultants ou menaçants, il faut examiner plusieurs critères parmi lesquels le contexte ou encore la publicité des propos : si les propos litigieux sont effectivement une faute, le contexte porte ici à croire qu'il ne s'agit pas d'une faute grave de nature à mettre un terme au CDD de manière anticipée.

La rupture anticipée du CDD est donc ici abusive compte tenu du contexte émotionnel et de l'absence de publicité des propos tenus…

De quoi rappeler que des propos insultants ou menaçants ne constituent pas automatiquement une faute grave, et que la rupture anticipée du CDD exige de démontrer une impossibilité immédiate de maintien du salarié dans l'entreprise. Ce qui n'était pas le cas ici !

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02/12/2025

Enregistrement clandestin de l'employeur : recevable ?

En droit social, une preuve obtenue de manière déloyale n'est recevable que lorsqu'elle est absolument indispensable pour établir les faits invoqués et que l'atteinte (le plus souvent à la vie privée) est proportionnée à ce but... Mais qu'en est-il lorsque l'enregistrement clandestin de l'employeur est accompagné d'autres éléments de preuve ? Réponse du juge…

Enregistrement clandestin de l'employeur : recevabilité admise, mais limitée…

En matière sociale, une preuve obtenue de façon illicite ou déloyale, par exemple à l'insu de la personne qu'elle met en cause, peut parfois être admise en justice.

Mais attention : c'est uniquement lorsqu'elle est absolument indispensable pour exercer le droit invoqué, et à condition que l'atteinte portée au droit des personnes soit proportionnée au but recherché.

Dans cette affaire, un salarié voit son CDD rompu de manière anticipée. Selon lui, cette rupture est liée à son statut de travailleur handicapé.

Pour étayer sa position, il produit plusieurs éléments, dont la retranscription d'un enregistrement audio de son employeur, réalisé à son insu, et qui prouverait que la rupture anticipée du CDD doit être annulée car elle repose sur un motif discriminatoire.

« Preuve irrecevable » selon l'employeur : cet enregistrement audio est une preuve déloyale puisqu'il a été obtenu à son insu, clandestinement.

Or, rappelle l'employeur, une preuve déloyale n'est admise que lorsqu'elle constitue le seul moyen pour le salarié de fonder ses arguments.

Et ici, le salarié a produit cet enregistrement en plus d'autres pièces. Cet enregistrement audio n'est donc pas absolument indispensable au soutien de ses demandes et doit être écarté des débats.

« Tout à fait ! » tranche le juge : l'enregistrement clandestin de l'employeur ne peut pas constituer une preuve recevable en justice dès lors qu'il n'est pas le seul élément de preuve permettant de fonder les faits invoqués par le salarié.

Ainsi, la décision nous rappelle que si les preuves déloyales sont admises en justice, ce n'est que dans l'hypothèse où leur production est absolument indispensable pour soutenir les demandes faites en justice. Si tel n'est pas le cas, la preuve litigieuse sera écartée des débats.

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01/12/2025

Paie : comment gérer la réforme des cotisations patronales en 2026 ?

Initiée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, la réforme des allègements généraux de cotisations sociales patronales bouscule les règles de déclaration. Pour accompagner au mieux les employeurs et tiers-déclarants, l'Urssaf nous guide sur les codes types personnels (CTP) à utiliser. Quels sont-ils ?

Quels codes types personnels pour les déclarations en 2026 ?

Pour mémoire, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 a prévu une réorganisation des allègements généraux de cotisations sociales patronales applicable en 2025 et 2026.

Dès le 1er janvier 2026, les allègements généraux de cotisation sur les bandeaux « maladie » et « famille » seront supprimés, sauf dans l'hypothèse où une autre réduction dégressive s'applique (par exemple, en cas de réduction zonée).

Ces allégements généraux seront intégrés à une nouvelle version de la réduction générale des cotisations patronales reconfigurée, qui restera dégressive pour s'annuler à hauteur de 3 fois la valeur du SMIC applicable.

Rappelons que, pour chaque rémunération versée, l'employeur doit déclarer les cotisations et contributions sociales à l'Urssaf. Cette déclaration repose sur des codes types personnels (CTP) qui identifient les catégories de cotisation.

Ces CTP permettent d'indiquer quelle cotisation est déclarée, à quel régime elle correspond et si une exonération ou un dispositif particulier trouve à s'appliquer.

Pour accompagner les employeurs et les tiers-déclarants, l'Urssaf vient tout juste d'indiquer la marche à suivre pour les codes types personnels (CTP) à mobiliser dès 2026 pour la déclaration des cotisations patronales d'assurance maladie et d'allocations familiales en distinguant 3 situations.

  • L'employeur éligible à la réduction générale dégressive

L'Urssaf invite l'employeur à utiliser les CTP 635 (complément maladie) et 430 (complément d'allocations familiales).

Attention : dès 2026, cet employeur ne devra plus utiliser les CTP de déduction de complément de taux réduit 637 et 437. 

  • L'employeur qui n'est pas éligible à la réduction générale dégressive

Dans ce cas, l'employeur doit continuer à utiliser les CTP de complément de taux (635 et 430).

Comme auparavant, l'Urssaf lui indique de ne pas utiliser les CTP de déduction de complément de taux réduits (637 et 437).

  • L'employeur éligible à une réduction dégressive autre que la réduction générale dégressive

Dans ce cas, l'employeur doit utiliser les CTP de complément de taux (635 et 430) dans l'hypothèse où la rémunération du salarié dépasse les seuils d'application de la réduction de taux propres à chaque cotisation.

Idem pour les CTP de déduction de complément de taux (637 et 437) qui devront être renseignés si, en cours d'année, la rémunération du salarié dépasse ces mêmes seuils d'application.

Enfin, notez que les taux renseignés dans les CTP et les modalités déclaratives salarié par salarié (ou déclaration à la « maille individuelle »), détaillés dans un guide dédié, restent inchangés.

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28/11/2025

ASC du CSE : bientôt la fin de la tolérance pour le critère d'ancienneté !

Les CSE doivent, très bientôt, revoir leurs critères d'attribution des aides aux activités sociales et culturelles (ASC) pour éliminer toute référence à l'ancienneté du salarié, faute de quoi ils s'exposent à des contrôles et à un risque de redressement. Date butoir : le 31 décembre 2025…

ASC du CSE : plus qu'un mois pour supprimer le critère d'ancienneté !

Les activités sociales et culturelles (ASC) proposées par le CSE bénéficient d'un régime d'exonération de cotisations sociales, à condition notamment qu'aucun critère discriminatoire ne régisse leur attribution.

L'une d'elles concerne les critères d'attribution de ces prestations qui ne peuvent pas être fondés sur un motif discriminatoire.

À ce titre, justement, et par principe, les ASC ne peuvent pas être conditionnées par une ancienneté minimale du salarié dans la structure.

Toutefois, et par dérogation, l'URSSAF tolérait que l'accès à ces ASC soit conditionné par une ancienneté maximale de 6 mois tout en maintenant l'exonération de cotisations et contributions sociales.

C'était sans compter le juge qui, en avril 2024, est venu prohiber cette possibilité.

Désormais, aucune exception : l'accès aux ASC ne pourra pas être conditionné à un quelconque critère d'attribution, et notamment d'ancienneté.

Les CSE ont jusqu'au 31 décembre 2025 pour modifier les critères de versement de ces ASC et pour se mettre en conformité avec cette nouvelle règle, susceptible de faire l'objet de contrôles ultérieurs.

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26/11/2025

Retraite des professions libérales : des évolutions !

Pour parachever la réforme de l'assiette sociale des travailleurs indépendants – à l'exception des auto-entrepreneurs –, une mise à jour récente de plusieurs paramètres des régimes de retraite vient d'être opérée, applicable dès 2025 pour les avocats et à partir de 2026 pour les autres professions libérales. Quelques éclaircissements s'imposent…

Régime de base et complémentaire de retraite des libéraux : quels changements en 2025 et 2026 ?

Pour mémoire, la réforme de l'assiette sociale des travailleurs indépendants, initiée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, vise à simplifier le calcul des cotisations tout en renforçant la part des cotisations qui ouvrent réellement des droits, notamment pour la retraite.

Ainsi, si le montant global des prélèvements ne change pas, leur répartition évolue : la CSG-CRDS diminue, tandis que les cotisations retraite augmentent, afin d'améliorer les droits futurs des indépendants.

Pour accompagner cette nouvelle répartition qui vise à harmoniser le régime social des travailleurs indépendants, plusieurs ajustements réglementaires tenant aux taux, assiettes et valeurs de services des régimes complémentaires des professions libérales sont ajustés.

Ainsi, les ajustements directement liés à la réforme de l'assiette sociale seront, eux, progressivement appliqués : dès 2025 pour les avocats et les professions relevant de la CIPAV, et à partir de 2026 pour les autres professions libérales.

Les règles applicables au conjoint collaborateur du professionnel libéral sont également précisées, afin de mieux encadrer le choix des modalités de calcul de sa propre cotisation à la retraite par référence au Code de la sécurité sociale.

En effet, rappelons que le conjoint collaborateur du professionnel libéral peut choisir lui-même l'assiette de la cotisation retraite complémentaire.

Désormais, ce choix devra être effectué par écrit dans le mois qui suit le début de son activité. Notez que cette demande écrite devra être contresignée par le professionnel libéral si l'option retenue nécessite de calculer la cotisation due sur la base du revenu d'activité.

Enfin, l'année 2025 s'accompagnera de plusieurs actualisations propres à certains régimes :

  • la cotisation forfaitaire du régime de prestations complémentaires de vieillesse des sages-femmes sera maintenue ;
  • les cotisations et les valeurs de service du régime complémentaire des médecins seront revalorisées ;
  • les paramètres du régime complémentaire des artistes-auteurs professionnels seront actualisés ;
  • les cotisations des régimes complémentaires obligatoires et des garanties invalidité-décès des professions libérales seront mises à jour.

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25/11/2025

Artistes-auteurs : les démarches 2026 sont ouvertes

Dès le 1er décembre 2025, les artistes-auteurs doivent récupérer leur dispense de précompte et consulter leur calendrier prévisionnel de cotisations 2026. La modulation pour ajuster les cotisations du 1er trimestre sera également ouverte jusqu'au 31 décembre.

Artistes-auteurs : dispense de précompte 2026 disponible et modulation des cotisations ouverte !

Pour mémoire, les artistes-auteurs imposés dans la catégorie bénéfices non commerciaux bénéficient d'une dispense de précompte qui doit impérativement être remise aux diffuseurs.

Pour 2026, cette dispense est d'ores et déjà disponible depuis l'espace en ligne artistes-auteurs.urssaf.fr, rubrique « Messagerie ». Un mail contenant votre dispense de précompte en pièce jointe vous a été envoyé.

Notez que, pour les artistes-auteurs qui ont créé leur activité cette année, le certificat d'immatriculation lié au SIRET fait office de précompte auprès des diffuseurs pour cette année.

En parallèle de cette mise à disposition, l'Urssaf prépare aussi la gestion de vos cotisations pour l'année à venir.

À compter du 1er décembre 2025, les artistes-auteurs recevront leur calendrier de cotisations provisionnelles 2026 avec le détail des montants et des prochaines échéances.

Le service de modulation des cotisations pour le 1er trimestre 2026 sera ouvert dès le 1er décembre 2025, permettant ainsi d'ajuster le montant des cotisations selon les revenus estimés.

Attention : la modulation des cotisations ne sera possible que jusqu'au 31 décembre 2025. 

Un mode d'emploi visant à accompagner les démarches, ainsi qu'un calendrier et l'accès au service de modulation, sont disponibles sur l'espace personnel artistes-auteurs.urssaf.fr.

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20/11/2025

Versement mobilité : les taux 2026 sont disponibles !

Le versement mobilité est une contribution que peuvent être amenées à payer toutes les entreprises employant au moins 11 salariés, dès lors qu'elles sont situées dans une zone où ce dispositif s'applique. De nouveaux taux, effectifs au 1er janvier 2026, viennent d'être publiés…

Versement mobilité : de nouveaux taux à compter au 1er janvier 2026 !

Pour mémoire, les employeurs privés (ou publics) sont redevables du versement mobilité dès qu'ils emploient 11 salariés dans une zone où ce versement est instauré.

Si on connaissait les taux et périmètres applicables jusqu'alors, ces derniers viennent d'être modifiés pour certaines zones et notamment :

  • la communauté d'agglomération Lamballe Terre et Mer ;
  • la communauté urbaine Grand Besançon métropole ;
  • la communauté d'agglomération Chartres métropole ;
  • la communauté de communes Roche aux Fées communauté ;
  • la communauté de communes Couesnon Marches de Bretagne ;
  • la communauté d'agglomération Mont de Marsan agglomération ;
  • la communauté d'agglomération territoires Vendômois ;
  • la communauté de communes Pontivy communauté ;
  • la communauté de communes du Liancourtois La Vallée Dorée ;
  • la communauté de communes du pays de Sainte Odile ;
  • le pôle métropolitain du Genevois Français ;
  • le syndicat mixte des transports collectifs de l'Oise ;
  • la région Provence – Alpes - Côte d'Azur ;
  • la région Centre Val de Loire ; • la région Bourgogne Franche-Comté ;
  • la région Bretagne ;
  • la région Nouvelle Aquitaine ;
  • la communauté d'agglomération de la région de Château-Thierry.

L'ensemble des nouveaux taux et périmètres applicables dès le 1er janvier 2026 peuvent être consultés ici.

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19/11/2025

Tarification AT-MP et gel des effectifs : quelle articulation ?

Entre règles de tarification fondées sur l'effectif et mécanisme de gel instauré par la loi PACTE, les entreprises pouvaient légitimement s'interroger sur la manière d'articuler ces dispositifs. Une récente décision vient lever toute ambiguïté, en rappelant que le passage du taux dérogatoire au mode de tarification correspondant à l'effectif réel échappe totalement au gel des seuils. Voilà qui mérite quelques explications…

4e année d'existence de l'entreprise : tarification mixte ou collective ?

Pour rappel, la tarification AT/MP détermine le taux de cotisation que l'employeur doit acquitter au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Ce taux dépend de l'effectif de l'entreprise. Il existe trois modes de tarification :

  • la tarification collective, appliquée aux entreprises de moins de 20 salariés, avec un taux fixé au niveau national ;
  • la tarification individuelle, pour les entreprises d'au moins 150 salariés, calculée en fonction des AT/MP réellement survenus dans l'entreprise ;
  • la tarification mixte, pour les entreprises comptant entre 20 et 149 salariés, qui combine une part collective et une part individuelle.

À titre dérogatoire, les nouvelles entreprises bénéficient d'un taux net collectif pendant les trois années suivant leur création, quel que soit leur effectif.

En parallèle, la loi PACTE a introduit un mécanisme de gel des seuils d'effectif, prévoyant que le franchissement d'un seuil ne produit d'effet qu'après cinq années consécutives durant lesquelles ce seuil est atteint ou dépassé.

Dès lors, une question se pose : comment articuler les règles de tarification AT/MP, fondées sur l'effectif, avec le gel de ce dernier instauré par la loi PACTE ?

C'est précisément à cette question que répond le juge dans une récente affaire…

Ici, une entreprise créée en 2018 avait bénéficié, conformément à la règle dérogatoire, du taux net collectif durant ses trois premières années.

Or, dès la 4ème année en 2022, la CARSAT lui a appliqué une tarification mixte, au motif que son effectif se situe entre 20 et 149 salariés.

Ce que l'entreprise conteste, en invoquant le gel des effectifs : selon elle, la tarification AT/MP ne pouvait évoluer qu'après 5 années civiles consécutives de dépassement du seuil d'effectif, ce qui impliquait le maintien du taux net collectif jusqu'en 2025 ici.

« Faux ! », pour la CARSAT, qui rappelle que les nouvelles entreprises ne bénéficient d'un taux collectif que pendant trois ans à titre dérogatoire, puis doivent obligatoirement se voir appliquer la tarification correspondant à leur effectif réel dès la 4e année.

Ce que confirme le juge, en validant l'interprétation de la CARSAT : le 1er mode de tarification appliqué aux nouvelles entreprises ne résulte pas du franchissement d'un seuil.

En conséquence, dès la 4e année suivant sa création, soit en 2022, l'entreprise devait bel et bien être soumise à la tarification mixte.

Ainsi, le mécanisme de gel des seuils ne s'applique pas au passage automatique d'un régime dérogatoire vers le mode de tarification AT/MP, lequel correspond toujours à l'effectif réel de l'entreprise à partir de sa 4e année d'existence.

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19/11/2025

Licenciement pour motif économique : quels critères prendre en compte ?

Une entreprise peut-elle justifier un licenciement pour motif économique même si elle ne prouve pas une baisse de chiffre d'affaires selon les critères légaux, dès lors que d'autres indicateurs révèlent des difficultés réelles et durables ? Réponse du juge…

Licenciement économique : ne prendre en compte que les « critères légaux » ?

Dans le cadre d'un licenciement pour motif économique, la loi fixe précisément ce qu'il faut entendre par « difficultés économiques ».

Avant d'envisager un tel licenciement, l'employeur doit démontrer l'évolution significative d'au moins un des indicateurs suivants : baisse des commandes, baisse du chiffre d'affaires, pertes d'exploitation ou difficultés de trésorerie.

Il peut également s'appuyer sur tout autre élément de nature à prouver une situation économique réellement dégradée comme le témoigne une affaire récente…

Dans cette affaire, après avoir été licenciée pour motif économique, en acceptant un contrat de sécurisation professionnelle, une salariée conteste le bienfondé de son licenciement.

En effet, pour elle, les difficultés économiques invoquées au soutien de son licenciement ne sont pas avérées puisque l'employeur n'apportait pas la preuve requise d'une baisse de son chiffre d'affaires en versant au débat des données semestrielles, et non trimestrielles comme le mentionne la loi, eu égard aux effectifs de l'entreprise.

Ainsi, le caractère durable des difficultés économiques n'est pas rempli ici, ce qui aurait dû empêcher l'employeur de la licencier sur ce fondement.

Ce dont se défend l'entreprise, en apportant d'autres éléments comptables retraçant l'évolution du chiffre d'affaires.

Ainsi, même si ces indicateurs ne sont pas trimestriels, comme le requiert la loi, mais semestriels, l'employeur apporte d'autres éléments destinés à mettre en évidence les difficultés économiques rencontrées : une baisse de plus de 10 % du chiffre d'affaires au second semestre 2020 ou encore une chute de près de 30 % du résultat d'exploitation vis-à-vis de 2019.

Ce que confirme le juge, qui tranche en faveur de l'employeur : tout en constatant que la baisse du chiffre d'affaires n'est pas démontrée selon les critères légaux, il n'empêche que les autres éléments produits permettent d'établir l'existence de difficultés économiques réelles et durables.

Ainsi, même si l'indicateur « chiffre d'affaires » n'est pas rempli au sens légal du terme, le juge peut tout à fait retenir d'autres éléments pour caractériser les difficultés économiques durables et réelles.

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17/11/2025

Loyauté du salarié : permanente ?

Un salarié peut-il être licencié pour avoir tenté d'exercer une activité concurrente pendant un arrêt maladie ? La question se pose lorsqu'un salarié arrêté, pourtant tenu à une obligation de loyauté, sonde, même en vain, la clientèle de son employeur pour proposer ses services…

Tentative avortée d'exercice d'une activité concurrente pendant l'arrêt = faute ?

En principe, le fait pour un salarié d'exercer une activité pendant une période de suspension de son contrat de travail (par exemple lors d'un arrêt maladie) ne constitue pas une faute pouvant justifier un licenciement, sauf si une clause statutaire ou une stipulation prévoit explicitement le contraire.

Cependant, la situation est différente si cette activité porte préjudice à l'employeur. C'est le cas, par exemple, lorsque le salarié exerce une activité concurrente à celle de l'entreprise qui l'emploie, toujours pendant une période de suspension du contrat de travail.

Dans une telle hypothèse, le salarié manque à son obligation de loyauté, laquelle impose de ne pas nuire aux intérêts de l'employeur.

Cette obligation de loyauté demeure même pendant les périodes où le contrat de travail est suspendu, comme le juge a eu l'occasion de le rappeler…

Dans cette affaire, un peintre est licencié pour faute grave par son employeur qui lui reproche d'avoir manqué à son obligation de loyauté.

La raison ? Durant son arrêt maladie et alors que son contrat de travail était suspendu, ce peintre a contacté un client de l'entreprise pour laquelle il travaillait afin de lui proposer ses services, pour son propre compte.

Pour l'employeur, cette tentative constitue un manquement à l'obligation de loyauté qui incombe au salarié, laquelle justifie son licenciement pour faute grave !

Ce dont se défend le salarié qui conteste son licenciement : certes, il a bien téléphoné à ce client pour lui proposer ses services, mais pour une période postérieure à la fin de son contrat, puisqu'il envisageait de démissionner.

Dans les faits donc, le salarié n'a pas véritablement exercé d'activité concurrente à celle de son employeur et ne peut donc pas être licencié sur ce fondement.

Mais cet argument ne convainc pas le juge, qui donne raison à l'employeur : le salarié, qui reste tenu à une obligation de loyauté envers son employeur, y compris pendant les périodes de suspension de son contrat, a ici manqué à son obligation de loyauté.

Ainsi, la simple tentative d'exercice d'une activité concurrente à celle de son employeur pendant son arrêt maladie, même avortée, constitue un manquement à l'obligation de loyauté, qui justifie le licenciement.

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12/11/2025

Poste de reclassement : des conditions à respecter

L'obligation de reclassement ne s'arrête pas à la proposition d'un poste. Si le salarié conteste sa compatibilité avec les restrictions médicales, l'employeur doit solliciter à nouveau l'avis du médecin du travail avant toute décision de rupture. Une précaution simple, souvent négligée, mais qui conditionne la validité du licenciement. Illustration…

Contestation du reclassement par le salarié = nouvelle consultation du médecin du travail ?

Pour mémoire, lorsqu'un salarié est déclaré inapte à occuper son poste de travail, l'employeur doit rechercher un poste de reclassement, compatible avec son nouvel état de santé.

Cette « obligation de reclassement » constitue alors un préalable obligatoire au prononcé d'un éventuel licenciement pour inaptitude, sauf dispense expresse formulée par le médecin du travail.

Ainsi, à partir du moment où l'employeur n'a pas proposé un emploi compatible avec l'état de santé du salarié et les préconisations du médecin du travail, il faut considérer qu'il a manqué à son obligation de reclassement.

Mais, si l'employeur propose un poste de reclassement adapté, il bénéficie d'une présomption de respect de son obligation. De ce fait, le salarié qui refuse un poste de reclassement adapté peut être licencié consécutivement à ce refus.

Ici, un vendeur chez un opticien est déclaré comme inapte à son poste de travail à la suite d'une maladie professionnelle.

Conformément à ses obligations, l'employeur lui propose donc un nouveau poste de reclassement, toujours de vendeur mais respectant les restrictions médicales formulées par le médecin du travail (interdiction de gestes répétitifs et pas de travail les bras levés).

Sauf que le salarié refuse, estimant que ce poste de reclassement n'est pas conforme aux préconisations médicales et à son nouvel état de santé.

Convaincu d'avoir respecté son obligation de reclassement, l'employeur décide donc de le licencier pour inaptitude, ce que le salarié conteste…

« À raison ! », pour le juge qui tranche en sa faveur : le simple refus du salarié ne suffit pas à clore le débat. Dès lors que le salarié conteste la compatibilité du poste proposé, l'employeur doit reconsulter le médecin du travail avant toute rupture du contrat.

Faute d'avoir respecté cette démarche, il manque à son obligation de reclassement. En clair : proposer un poste « adapté » ne suffit pas. Encore faut-il que le médecin du travail valide la bonne adaptation du poste avant toute mesure de licenciement, en cas de désaccord du salarié.

La prudence impose donc un réflexe simple : repasser par la case médecine du travail avant de licencier.

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