Actu sociale

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26/02/2026

Période de reconversion : le CERFA est disponible

La période de reconversion se précise avec la publication, par le ministère du Travail, du formulaire CERFA dédié et de sa notice explicative : que faut-il désormais savoir pour la mettre en œuvre ?

Période de reconversion : le CERFA et la notice d'information sont publiés

Issue de la fusion des dispositifs « transitions collectives » et « reconversion ou promotion par l'alternance », la période de reconversion permet à tout salarié volontaire de suivre des actions de formation afin de préparer une reconversion professionnelle.

Elle peut se dérouler soit au sein de l'entreprise (mobilité interne), soit dans une autre entreprise (mobilité externe).

Dans le cas d'une reconversion externe, la mise en œuvre implique la conclusion d'un contrat de travail avec l'entreprise d'accueil, en CDI ou en CDD d'une durée minimale de 6 mois.

Quelle que soit la modalité choisie, la période de reconversion doit obligatoirement faire l'objet d'un accord écrit entre le salarié et l'employeur.

Cet accord est formalisé via un formulaire CERFA récemment publié par le ministère du Travail (Cerfa no 176113*01), accompagné de sa notice explicative.

On apprend ainsi que ce formulaire doit être complété par l'employeur de l'entreprise dans laquelle se déroule la période de reconversion, à savoir :

  • l'employeur du salarié en cas de reconversion interne ;
  • ou l'employeur de l'entreprise d'accueil en cas de reconversion externe.

Il s'agit d'un formulaire unique utilisable dans les deux situations, qui doit être établi en 3 exemplaires remis à l'employeur, au salarié et à l'opérateur de compétences (OPCO).

L'employeur doit transmettre le dossier complet, comprenant le Cerfa, à l'OPCO dont dépend l'entreprise par voie dématérialisée au plus tard 30 jours calendaires avant le début de la période de reconversion.

L'OPCO dispose ensuite de 20 jours calendaires à compter de la réception d'un dossier complet pour se prononcer sur le financement.

La notice précise que ces délais se décomptent en jours calendaires.

Au plan formel, ce Cerfa comporte plusieurs rubriques relatives :

  • aux informations sur l'employeur ;
  • aux informations sur le salarié (dernier emploi, ancienneté, diplôme le plus élevé) ;
  • aux modalités de la période de reconversion (dates, emploi visé et éléments spécifiques selon qu'il s'agit d'une reconversion interne ou externe, notamment le type de contrat en cas de reconversion externe) ;
  • aux informations sur la formation (organisme, durée, actions en entreprise, mobilisation éventuelle du CPF, qualification visée).

Enfin, en cas de reconversion externe, la notice explicative rappelle que la durée de la période d'essai du contrat signée avec l'entreprise d'accueil doit être fixée préalablement dans le contrat de travail, avant d'être reportée, ensuite, sur le formulaire Cerfa.

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25/02/2026

Territoires zéro chômeur : quels paramètres en 2026 ?

Après avoir été prolongé par la loi de finances pour 2026, l'expérimentation « Territoire 0 chômeur longue durée » fait peau neuve. Au programme : une nouvelle aide financière fixée pour le 1er semestre 2026 et de nouveaux territoires intégrés à l'expérimentation …

Une expérimentation étendue à de nouveaux territoires et une nouvelle aide financière en 2026

Pour mémoire, l'expérimentation « Territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) a été lancée par une loi d'expérimentation territoriale visant à résorber le chômage de longue durée.

Elle a pour objectif de créer des emplois en CDI pour des personnes privées d'emploi depuis plus d'un an au sein de structures de l'économie sociale et solidaire appelées « entreprises à but d'emploi ».

Le principe repose sur l'idée que le retour à l'emploi permet de générer des dépenses « évitées » (notamment une baisse des allocations et des coûts liés au chômage), tout en augmentant les recettes publiques (impôts et cotisations).

Une partie de ces montants est alors mobilisée pour contribuer au financement des emplois créés.

Récemment, l'expérimentation, initialement censée s'achever le 30 juin 2026, a finalement été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026 par la loi de finances pour 2026.

Dans ce cadre, le montant de la participation financière de l'État visant à encourager l'embauche durable a été fixé pour le 1er semestre 2026.

Cette aide est calculée en fonction du nombre d'équivalents temps plein (ETP) recrutés dans le cadre de l'expérimentation.

Pour le 1er semestre 2026, elle est fixée à 95 % du montant brut horaire du SMIC, appliqué au nombre d'équivalents temps plein (ETP) concernés.

Pour rappel, l'expérimentation a d'abord été mise en place dans 10 territoires, avant d'être étendue à une soixantaine de territoires supplémentaires à partir de 2020.

Dans cette logique de généralisation, le dispositif a été à nouveau élargi à d'autres périmètres, notamment à Saint-Nazaire (où des codes îlots définissent précisément le champ de l'expérimentation) ainsi qu'à la commune de Pézenas.

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25/02/2026

Retraite agricole : le point RCO revalorisé en 2025

La valeur du point servant au calcul de la retraite complémentaire obligatoire des non-salariés agricoles est légèrement augmentée en 2025. Une évolution qui peut avoir un impact direct sur le montant des pensions versées. À quelle hauteur ?

Point RCO : légère revalorisation pour 2025

Rappelons qu'en plus de leur retraite de base (forfaitaire et proportionnelle), les non-salariés agricoles bénéficient d'une retraite complémentaire obligatoire (RCO).

Cette retraite complémentaire fonctionne avec un système « à points » : tout au long de la carrière, l'assuré acquiert des points grâce à ses cotisations.

Au moment du départ à la retraite, ces points sont convertis en pension selon une règle simple : le nombre total de points est multiplié par la valeur de service du point.

Autrement dit, cette valeur correspond au « prix » d'un point au moment où la pension est calculée (ou revalorisée). Pour 2025, la valeur de service du point augmente légèrement puisqu'elle passe de 0,3835 € à 0,3919 €.

Cette évolution concerne l'ensemble des non-salariés agricoles affiliés à la RCO (principalement les exploitants, mais aussi, selon leur statut, certains conjoints collaborateurs et aides familiaux).

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24/02/2026

Coemploi : une reconnaissance possible hors d'un groupe de sociétés ?

Quand une entreprise cliente dépasse son rôle de donneuse d'ordres et pilote, en pratique, la gestion d'un prestataire, elle peut être considérée comme co-employeur. Illustration dans une récente affaire qui rappelle que le coemploi ne concerne pas seulement les groupes de sociétés, mais aussi les relations commerciales…

Coemploi et prestation de service : quelle conséquence pour le licenciement pour motif économique ?

Le coemploi désigne une situation, reconnue par le juge, dans laquelle une entité autre que l'employeur s'immisce durablement dans la gestion économique et sociale d'une entreprise, au point de priver l'employeur « officiel » de toute autonomie.

Concrètement, cette qualification permet aux salariés de mettre en cause une autre entité que leur employeur direct, afin qu'elle réponde solidairement avec lui des conséquences liées au non-respect d'une règle ou d'une obligation.

Pendant longtemps, le coemploi a surtout été retenu au sein des groupes de sociétés, ce qui permettait notamment aux salariés d'agir aussi contre la société mère (holding), en plus de leur employeur.

Mais peut-on reconnaître une telle situation dans le cadre d'un contrat de prestation de services ? Et le cas échéant, quelles sont les conséquences en cas de contestation d'un licenciement pour motif économique ?

C'est la question posée dans cette affaire, où une société donneuse d'ordres avait confié à une société prestataire la promotion commerciale de ses produits.

À la suite de la cessation d'activité, la société prestataire a été placée en liquidation judiciaire et a licencié ses salariés pour motif économique.

Une salariée a alors contesté son licenciement et saisi le juge, en demandant des indemnités non seulement à son employeur, mais aussi à l'entreprise cliente, donneuse d'ordres.

Pour justifier sa demande, elle soutenait que cette dernière devait être reconnue comme co-employeur.

Elle relevait notamment que la directrice générale et actionnaire de la société donneuse d'ordres donnait directement toutes les consignes liées aux ressources humaines (gestion des congés, suivi des arrêts maladie, attribution des véhicules, etc.)

Selon la salariée, l'entreprise cliente ne se limitait donc pas à un rôle de donneuse d'ordres : elle intervenait en réalité de façon permanente dans la gestion de la société prestataire, au point que celle-ci avait perdu toute autonomie.

Ce que confirme le juge, en tranchant en faveur de la salariée : le risque de coemploi ne se limite pas aux groupes de sociétés. Ainsi, 2 entreprises liées par un simple contrat commercial peuvent être concernées si, dans les faits, l'une prend le contrôle total de l'autre.

En conséquence, dans le cadre de ce licenciement pour motif économique, la salariée est fondée à demander réparation également à l'entreprise donneuse d'ordres. 

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23/02/2026

Taxe d'apprentissage : fin de l'exonération pour les structures non-lucratives

La loi de finances pour 2026 prévoit d'élargir le champ de la taxe d'apprentissage aux structures à but non lucratif jusqu'alors exonérées. À partir de quand cette nouvelle obligation s'appliquera-t-elle concrètement ?

Pour rappel, la taxe d'apprentissage est une contribution due par certains employeurs. Elle participe au financement de l'apprentissage, ainsi que des formations technologiques et professionnelles. 

Calculée sur la base des rémunérations versées aux salariés, cette taxe est due par les entreprises individuelles, les sociétés et les groupements d'intérêt économique qui exercent une activité commerciale, artisanale ou industrielle. 

Jusqu'à présent, en étaient exonérés les associations, les organismes, les fondations, les fonds de dotation, les congrégations et les syndicats exerçant une activité non lucrative. La loi de finances pour 2026 met fin à cette exonération. 

Par conséquent, ces structures non lucratives devraient prochainement être assujetties à la taxe d'apprentissage. 

À ce stade, la loi de finances pour 2026 ne précise pas la date d'entrée en vigueur de cette nouvelle mesure. 

En l'absence de disposition spécifique, et par principe, la taxe sera donc due à compter du 21 février 2026. 

Notez toutefois que, comme cela avait déjà été le cas lors de la suppression de l'exonération dont bénéficiaient les organismes mutualistes (assujettis depuis février 2025), l'administration sociale pourrait, par tolérance, repousser l'application effective de la taxe au 1er jour du mois suivant la publication de la loi, soit au 1er mars 2026. 

Affaire à suivre…

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20/02/2026

Urssaf : un nouveau tableau de bord pour faciliter le travail des tiers-déclarants

Récemment, l'Urssaf a déployé une nouvelle version du tableau de bord « tiers déclarants » afin de rendre la gestion des comptes clients et des portefeuilles plus simple, plus rapide et mieux sécurisée.

Parcours plus rapides, liste des comptes clients accessible et portefeuilles collaboratifs

Dans le cadre de l'amélioration des services et pour mieux répondre aux besoins des utilisateurs, une nouvelle version du tableau de bord « tiers déclarants » a été déployée par l'Urssaf.

Cette évolution, construite en collaboration avec des tiers déclarants, vise à rendre les démarches plus simples et à faire gagner du temps au quotidien, notamment pour les experts-comptables et leurs équipes.

1er changement : les parcours de l'espace numérique ont été simplifiés pour être plus clairs et plus rapides. Le tableau de bord donne désormais accès à une liste des comptes clients, en plus des portefeuilles des collaborateurs, ce qui permet d'avoir une vue plus directe sur les dossiers gérés.

2e changement :  la mise à jour introduit une gestion plus souple des comptes clients. Il est donc désormais possible d'ajouter un compte client, soit avec des vérifications de sécurité pour les travailleurs indépendants, soit automatiquement après le dépôt d'une DSN lorsqu'il s'agit d'un employeur.

Une fonctionnalité propose également de supprimer un compte client lorsque vous n'en assurez plus la gestion.

Une fois cette liste de comptes clients actualisée, la gestion interne devient plus fluide. Les utilisateurs sont ainsi invités à mettre à jour des portefeuilles et associer les collaborateurs concernés sans avoir à repasser par des questions de sécurité supplémentaires.

Pour les utilisateurs déjà équipés d'un espace « tiers déclarant », la transition est transparente : portefeuilles, comptes clients et collaborateurs ont été automatiquement transférés vers le nouveau service.

Pour les nouveaux utilisateurs, des modes d'emploi sont mis à disposition afin d'accompagner la création de l'espace et la prise en main.

Enfin, la réglementation du service rappelle qu'un portefeuille peut être géré par plusieurs collaborateurs.

Cette organisation par portefeuille permet à chaque collaborateur d'avoir un tableau de bord cohérent avec les comptes suivis et de ne recevoir que les notifications mail liées aux dossiers qu'il gère réellement.

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19/02/2026

Inondations : de nouvelles mesures de soutien déployées par l'Urssaf

Pour faire face aux inondations récentes survenues en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire, l'Urssaf vient de mettre en place des mesures d'urgence pour accompagner les employeurs et travailleurs indépendants dont l'activité a été affectée

Une aide de l'Urssaf pour les employeurs et travailleurs indépendants touchés par la tempête Nils

Récemment, l'URSSAF a activé des mesures d'urgence pour accompagner les usagers dont l'activité a été affectée par les récentes inondations survenues en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et dans les Pays de la Loire.

Consciente des perturbations d'activité occasionnées dans ces régions, l'URSSAF fait savoir qu'elle pourra accorder des reports de paiement des cotisations, par l'octroi de délais supplémentaires.

Les éventuelles majorations et pénalités de retard normalement dues pourront également faire l'objet d'une remise dans ce cadre.

Les employeurs qui souhaitent en bénéficier peuvent contacter l'URSSAF soit via leur espace personnel, soit directement au téléphone au 3957.

De plus, et comme pour les employeurs, les travailleurs indépendants victimes de ces intempéries peuvent également bénéficier de ce même report de paiement de cotisations, via ces mêmes contacts.

Par ailleurs, ils peuvent aussi faire appel au Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI), qui met en place une aide financière dédiée permettant d'accompagner les travailleurs indépendants actifs qui se trouvent dans une situation temporairement compliquée rendant difficile le paiement des cotisations et contributions sociales.

Sous réserve de respecter les critères du référentiel CPSTI, les bénéficiaires pourront obtenir jusqu'à 2 000 € dans un délai de 15 jours à compter de la réception du formulaire.

Enfin, notez que les praticiens et auxiliaires médicaux peuvent également bénéficier d'un report des échéances de cotisations grâce à la mise en place de délais de paiement via ces mêmes canaux. Une aide d'action sociale auprès de la caisse de retraite est également mise en place à ce titre.

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19/02/2026

Fin d'accord agréé OETH : un reliquat désormais mieux encadré

Les entreprises d'au moins 20 salariés peuvent remplir leur obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH) en appliquant un accord agréé. À la fin de cet accord, si les dépenses prévues n'atteignent pas le minimum attendu et si l'accord n'est pas renouvelé, un reliquat peut être dû, selon des modalités qui viennent d'être précisées…

Transmission des bilans, déclaration et paiement : des modalités précises à respecter

Rappelons que les entreprises occupant au moins 20 salariés doivent employer des travailleurs handicapés à hauteur de 6 % de leur effectif : il s'agit ici de respecter l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH).

Pour remplir cette obligation, l'employeur peut notamment choisir d'appliquer un accord agréé, conclu au niveau de l'entreprise, d'un groupe, ou de la branche professionnelle.

Pour être agréé, cet accord doit prévoir un programme sur plusieurs années comprenant un plan d'embauche et un plan de maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés, avec des objectifs et des indicateurs concrets.

À l'issue de l'accord, l'employeur (ou la branche) doit transmettre à l'administration les bilans annuels, un bilan récapitulatif des actions réalisées, ainsi que le solde des dépenses engagées dans le cadre du programme.

Il est, en effet, prévu que les dépenses effectuées dans le cadre d'un accord agréé atteignent, chaque année, un minimum équivalent au montant de la contribution Agefiph qui aurait été due si l'entreprise n'avait pas appliqué d'accord.

Mais, si après le contrôle, l'administration constate que les dépenses réalisées sont insuffisantes et que l'accord n'est pas renouvelé, un reliquat de fin d'accord agréé peut-être notifié à l'employeur, correspondant à la somme lui restant à verser.

Jusqu'alors, la réglementation prévoyait bien l'existence de ce reliquat, mais elle restait peu précise sur les modalités pratiques à respecter en fin d'accord.

Elle fixait notamment un délai très court de transmission des bilans, puisqu'ils devaient être communiqués dans les 2 mois suivant le terme de l'accord, sans encadrer de manière suffisamment lisible la procédure applicable pour la déclaration et le paiement du reliquat.

Désormais, la réglementation clarifie et encadre davantage cette fin d'accord, en fixant une date limite unique, au 31 mai de l'année suivant le terme de l'accord, pour transmettre les bilans et le solde des dépenses à l'administration, ce qui allonge le délai laissé aux employeurs.

Elle prévoit également que cette transmission doit s'effectuer via un téléservice national, dont les modalités de mise en œuvre restent encore à fixer.

Notez que lorsqu'un reliquat est notifié, l'employeur doit le déclarer via la DSN et le verser à l'organisme de recouvrement compétent dans un délai de 2 mois suivant la réception de la notification.

En cas de non-déclaration ou de non-paiement, ce reliquat pourra être recouvré dans les mêmes conditions que la contribution Agefiph.

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18/02/2026

Membres des commissions paritaires nationales : salariés protégés ?

Dans une décision récente, le Conseil constitutionnel était amené à se prononcer sur l'extension du statut protecteur des salariés membres de commissions paritaires professionnelles aux commissions instituées au niveau national : cette protection renforcée contre le licenciement est-elle conforme à la Constitution ?

Statut protecteur des membres de commissions paritaires : aussi au niveau national ?

Pour mémoire, une commission paritaire est une instance où siègent, à nombre égal, des représentants des salariés et des employeurs d'un même secteur. Elle est créée par accord collectif et sert à organiser le dialogue social « en dehors » de l'entreprise.

Ces commissions peuvent être mises en place à différents niveaux : local, départemental, régional ou national, selon le périmètre que les partenaires sociaux veulent couvrir.

Jusqu'alors, il était prévu un statut protecteur pour les salariés membres d'une commission paritaire professionnelle ou interprofessionnelle créée par accord collectif.

En pratique, cela signifie qu'ils bénéficient d'une protection particulière contre le licenciement, comparable à celle accordée aux salariés protégés.

Si le texte vise explicitement les commissions mises en place au niveau local, départemental ou régional, le juge considère déjà, depuis plusieurs années, que cette protection s'applique en réalité à tous les salariés membres d'une commission paritaire, y compris lorsque celle-ci est créée au niveau national.

En conséquence, le licenciement d'un salarié membre d'une telle commission ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail.

À défaut, le licenciement est nul, avec possibilité pour le salarié de demander sa réintégration et une indemnisation correspondant aux salaires perdus.

Cette extension aux commissions nationales avait été contestée et soumise au Conseil constitutionnel via une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le juge constitutionnel étant ainsi appelé à se prononcer sur le bienfondé de l'extension de ce statut protecteur aux membres d'une commission paritaire aux membres y siégeant au niveau national.

Ce qu'il a fait en validant cette interprétation : ainsi, le statut protecteur, même s'il limite la liberté de l'employeur, peut être appliqué aux salariés membres de commission paritaire professionnelle ou interprofessionnelle, y compris lorsqu'elles sont instituées au niveau national.

Attention toutefois : cette protection ne s'appliquera à ces membres que si l'employeur a été informé de l'existence du mandat (ou s'il en avait connaissance), au plus tard lors de l'entretien préalable ou avant la notification de la rupture, à l'instar de tous les mandats extérieurs conférant ce statut protecteur.

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18/02/2026

ACRE : le tour de vis est confirmé !

La réforme de l'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) est désormais pleinement applicable. Ainsi, dès 2026 (en janvier ou en juillet selon les situations), l'exonération de cotisations sociales accordée aux créateurs et repreneurs d'entreprise sera moins avantageuse, selon des modalités plus strictes. Voilà qui mérite quelques précisions…

ACRE : une exonération moins importante et une demande obligatoire sous 60 jours

Rappelons que l'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) correspond à une exonération de cotisations sociales ouverte, sous conditions, aux créateurs ou repreneurs d'entreprise, pendant 12 mois à compter du début de l'activité.

Selon le statut du créateur ou repreneur, cette exonération peut s'appliquer aux travailleurs indépendants, aux assimilés salariés (par exemple les présidents de SAS) ou, plus spécifiquement, aux micro-entrepreneurs, selon des modalités distinctes.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a réformé le dispositif, en le recentrant sur les publics les plus vulnérables (sauf dans les zones France ruralités revitalisation) et en abaissant le niveau de l'exonération.

Les modalités opérationnelles de ce « tour de vis » de l'exonération sont désormais précisées, ce qui la rend donc pleinement applicable :

  • depuis le 1er janvier 2026 pour les travailleurs indépendants et ceux relevant du régime général de la sécurité sociale,
  • et à compter du 1er juillet 2026 pour les auto-entrepreneurs.

Pour les travailleurs indépendants et les assimilés salariés pouvant bénéficier de l'ACRE, l'exonération est désormais fortement réduite.

Désormais, lorsque l'assiette des cotisations est inférieure ou égale à 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), l'exonération n'est plus que de 25 % du montant total dû au titre des cotisations comprises dans son périmètre.

Jusqu'à présent, dans cette même situation, l'exonération pouvait porter sur la totalité de ces cotisations.

Au-delà, la dégressivité reste bien maintenue pour les revenus compris entre 75 % et 100 % du PASS, l'exonération devenant nulle pour les revenus au moins égaux à 100 % du PASS, mais avec un niveau d'allègement plus faible qu'auparavant, compte tenu de ce nouveau point de départ.

Du côté des auto-entrepreneurs, rappelons que l'ACRE se matérialise par l'application d'un taux global minoré, propre à chaque catégorie d'activité, au chiffre d'affaires ou aux recettes réalisés.

À compter du 1er juillet 2026, les modalités évoluent : le taux global applicable aux bénéficiaires de l'ACRE correspondra à 75 % des taux de droit commun (contre 50 % jusqu'alors).

En pratique, l'exonération de cotisations sera donc ramenée à 25 % pour les micro-entrepreneurs éligibles.

Dernière évolution : le bénéfice de l'ACRE est désormais conditionné à une demande formelle.

Pour en bénéficier, une demande devra, en effet, impérativement être déposée auprès de l'Urssaf ou de la Caisse générale de sécurité sociale, au plus tard le 60e jour suivant la date de création ou de reprise de l'entreprise telle qu'elle figure sur le justificatif de création d'activité.

Enfin, la réglementation précise désormais expressément, pour les micro-entrepreneurs, que ni la modification des conditions d'exercice de l'activité, ni une reprise d'activité intervenant dans l'année de la cessation ou dans l'année suivante, ni le changement du lieu d'exercice ne sont considérés comme un début d'activité pour l'ouverture du droit à l'ACRE.

 

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17/02/2026

Mayotte : application de 2 dispositifs d'allègement des cotisations

À compter de 2026, Mayotte bénéficiera de la réduction générale dégressive unique (RGDU) et de l'exonération LODéOM. Si ces deux dispositifs d'allègement de charges patronales sont bien issus du droit commun, leur application sur le territoire repose sur des paramètres spécifiques appelés à converger progressivement vers celles applicables en métropole (ou dans les autres territoires ultramarins). Voilà qui mérite quelques explications…

LODéOM et RGDU : une nouvelle étape dans la convergence du régime social mahorais vers le droit commun 

Rappelons que le régime social de Mayotte reste différent de celui appliqué en métropole et dans les autres territoires ultramarins. 

Les différences concernent notamment les taux de cotisations, les règles de calcul (assiette) et le niveau du SMIC, avec des adaptations propres au territoire. 

Pour autant, une trajectoire de rapprochement progressif vers le droit commun est engagée depuis plusieurs années. 

C'est dans ce cadre que la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a prévu l'extension à Mayotte de deux dispositifs « de droit commun » visant à réduire les charges patronales, dont les modalités d'application viennent d'être précisées. 

Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale dégressive unique (RGDU) s'applique ainsi à Mayotte selon un calcul adapté aux règles locales. 

Pour mémoire, la RGDU correspond au dispositif d'allègement de cotisations patronales issu de la rénovation de la réduction générale, applicable depuis 2026. 

Ainsi, le taux maximum d'exonération applicable au niveau du SMIC est adapté pour prendre en compte l'inclusion des contributions patronales d'assurance chômage, du FNAL et de la cotisation ATMP au taux « sans risque ». 

Aussi, ce taux maximum est fixé à : 

  • 24,49% pour les entreprises de moins de 50 salariés ;
  • 24,89% pour les entreprises de 50 salariés et plus. 

Autre différence : le point de sortie de la RGDU est fixé à 1,6 fois le SMIC mahorais en vigueur (contre 3 fois la valeur du SMIC en droit commun). 

Les paramètres retenus à Mayotte évolueront ensuite progressivement afin de converger vers un niveau comparable à celui de la métropole à l'horizon du 1er janvier 2035. 

La même logique vaut pour l'exonération « LODéOM » : ce mécanisme d'allègement de cotisations patronales, spécifique aux territoires ultramarins et déjà en vigueur dans certains d'entre eux, sera étendu à Mayotte à compter du 1er juillet 2026. 

Ici encore, les règles de calcul du dispositif « LODéOM » seront ajustées pour tenir compte des cotisations et du SMIC applicables localement. 

Enfin, notez que le dispositif relatif à l'exonération générale sur les bas salaires et au taux des cotisations et de la contribution sociale applicables à Mayotte, applicable depuis 2011, a également été mis à jour pour cohérence avec l'application locale de ces 2 dispositifs.

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13/02/2026

DSN de substitution : des précisions

Dès 2026, l'Urssaf pourra intervenir directement pour rectifier certaines erreurs persistantes transmises dans les DSN. Mais, avant d'en arriver à cette « DSN de substitution », les employeurs disposeront toutefois d'une ultime phase de régularisation au printemps 2026. Un calendrier à anticiper dès à présent…

DSN de substitution : un communiqué de l'Urssaf sur les prochaines étapes de mise en œuvre

Parce que les données via la DSN ont des conséquences directes pour les droits sociaux des salariés, leur fiabilité est essentielle. L'employeur (ou son tiers déclarant) a donc un devoir de vérification tout au long du processus :

  • avant l'envoi, avec un paramétrage du logiciel de paie et des contrôles préalables ;
  • après l'envoi, en analysant les retours des organismes et en corrigeant si besoin : soit par une DSN « annule et remplace », soit dans la DSN du mois suivant.

Dans une logique de sécurisation des données transmises, un nouveau dispositif initialement mis en place par la loi de financement pour la Sécurité sociale pour 2020 (et perfectionné par les suivantes) va être mis en place très bientôt : la DSN de substitution.

C'est dans ce cadre que l'Urssaf vient de publier un communiqué de presse destiné à indiquer aux employeurs et tiers déclarants intéressés les prochaines étapes de sa mise en place.

Ainsi, dès mars 2026, l'Urssaf adressera un CRM de rappel annuel récapitulant les anomalies encore non rectifiées, avec des propositions de régularisation.

Les entreprises auront ensuite 2 mois pour corriger, se faire accompagner ou s'opposer aux corrections via le suivi DSN.

Ce n'est qu'à partir de juin 2026, et uniquement si certaines erreurs persistent malgré ces étapes, que l'Urssaf pourra déclencher une DSN de substitution, c'est-à-dire corriger elle-même les données en « dernier recours ».

En cas de cotisations supplémentaires, une mise en recouvrement pourra être envoyée.

Les employeurs et tiers déclarants sont donc invités à anticiper dès à présent en corrigeant rapidement les anomalies signalées, afin d'éviter qu'une DSN de substitution ne soit mise en œuvre prochainement…

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